Introduction : Pour faire du neuf, tuons un vieux
J’peux pas faire mieux, j’suis là, c’est pas mal déjà, une présence, un corps, pas forcement d’esprit, pour pas en faire, c’est sûr… J’ai jamais voulu être la, j’ai demandé a personne cette vie de con… Mais je suis la, et je n’ai pas l’intention de rien faire…au moins je gueule, on m'engueule, on râle, ils en ont rien à foutre de l’avis d’un pauvre con, mais ça… Si la misanthropie était un sport, j’pense qu’une médaille me reviendrait…je conchie l’humanité…tous des toquards, tous des vendus…bon j’avoue, c’est pas vrai, reste des mecs biens, de filles chouettes, des gens plus malins, des gars qui se sortent les doigts, mais, bon…un pour mille ca rend aigri…
Mille poètes ont parlé avant moi, mille fois mieux, plus malin, plus beau, j’m’en branle… Oui au final
« Steve il s’en fout, il s’en fout de tous »
J’avale ma chique et j’vous emmerde…je vous emmerde !
Chapitre 1 : Putain, il fait jour, dedans c’est tout dégueulasse…
Naître, c’est mourir… mais en plus violent… Belgique, 1986.
Bébé rose, taille: grand, poids: gros... aucun souvenir pour cette partie... C'est peut-être pas plus mal....
Chapitre 2 : Dehors, c’est pire, mais en mieux… on est plus…
J’ai plus 20ans, j’ai entendu que ca passerait avec le temps, que c’est une passe…on à tous la nausée en étant jeunes, mais que ça passe, qu’on devient con avec l’âge… J’ai dégueulé dans toutes mes poches, j’ai plus place, et putain, j’ai toujours envie…
J’m’appelle pas Michel Bakounine, j’ai pas le courage de Ravachol, j’ai pas le charisme d’un chef de file, j’peux pas… j’m’appelle Steve… Toute ma vie, j'ai mûri. Aujourd'hui, j'éclos, demain, je pourris sur le sol.
Là je suis trop seul, je suis pas pareil, ca fonctionne pas comme ça chez moi…j’évolue pas pareil, ça me fâche pas, j’m’invente ma vie, je me rends pas compte, j’ai 8 ans… moi ce que j’aime c’est construire… mais putain, j’veux détruire…je suis pas seul, j’ai pas de problèmes avec le reste, je comprends pas…
Interlude : Sous paris, la page…interlude burlesque sur une vague morne…
Enivré, j’ai pas voulu, je suis resté la, j’ai rit, je sociabilise, je n’aime pas voire les gens autour de moi, je suis jamais rester assez sobre pour comprendre tout les concepts et mécanismes de sociabilisassions normaux, j’ai jamais voulu pouvoir participer, je suis un acteur d’une vie que je ne vit pas.
Ils racontent leurs vies palpitantes, je n’ai pas d’intérêt à comprendre, si seulement je pouvais…j’acquisse, je souris, j’m’en branle, ma vie, elle rythme et swing, « she put sugar on my tongue ».
Dans ma tête, ya un mec qui joue, qui chante, à se péter les cordes vocales, il gueule, crie, se tue la santé, m’explose les tympans de l’intérieur. Je veux vivre, sans soucis, m’explosé les méninges, je réfléchis trop, j’ai des tumeurs sur chacun de mes neurones. J’me drogue, j’me shoot à ca, même si ca n’amuse que moi, j’écoute, j’interprète, je pense, je déduis, et je danse, sur les sons psychés, je danse à me désossé, j’en peux plus, je plane…je suis libre, seulement sur le rythme d’une mélodie…
Je prends rien, mais je devrai…
Chapitre 3 : LE punk est mort…vive le punk
Oui, c’est vrai, le punk est mort. C’est juste un autre produit bon marché dans la tête du consommateur…
Rock boulle de gomme sur des transistors en plastiques.
CBS a produit les Clash, pas pour la révolution, mais pour le cash, le punk est devenu une mode tout comme les hippies l’étaient, ça na rien à voir avec toi ou moi…
Les mouvements sont des systèmes, et les systèmes tuent, les mouvements sont l’expression des désirs du peuple, le punk est devenu un parce qu’on se sentait perdu…Les leaders se sont vendu et maintenant on paie le prix.
Je suis blasé de regarder à travers une vitre tachée de merde, de reluquer le cul des superstars, j’ai un cul aussi, et un nom, j’attends juste mes 15 minutes de gloire…
Steve Jones, you’re napalm, Patti Smith, you’re napalm too!
Et moi? Est-ce que je veux brûler? Est-ce qu’il ya quelque chose que je pourrai apprendre ?
Est-ce que je pourrai résister à la carotte de la fortune et la célébrité…
L’élite sociale avec des épingles de sûreté dans les oreilles, des blousons de cuir sur le dos…
Je regarde et comprend que ça veux plus rien dire, le scorpion peut attaquer, mais le système lui a volé son dard…Le punk est mort…Les punk est mort…
Chapitre 4 : J’peux pas, j’ai piscine…
J’aime pas l’enfer de ce monde, comment les choses tournent… faut suivre les autres, on t’oblige a aimer pareil, a vivre pareil, on fait tous nos courses dans des grand magasins aseptisés, on consomme tous pareil, on fait la file pour vider nos économies dans des produits qu’on ne désire pas et dont on n'a pas besoin, et de toutes façons, on les aimes pas… on vit dans un monde froid en plastique, comme une ville en jouet dirigée par un enfant au tendances machiavéliques, on est des pantins sur l’échiquier capitaliste, créant des besoins pour satisfaire un population abrutie de télé et de publicités, on rêve de ce qu’on a pas, et l’enfant se frotte les mains, il est content, pourvu qu’on travaille pour acheter, tourne le manège…meurs... Dans la rue j’voudrais marcher sans me prendre le prix du dernier modèle de chez Peugeot que je pourrai jamais me payer (sic) dans la gueule, j’veux pas être heureux, je veux pas d’une cuisine équipée avec un yaourt aux oméga bis 4 V qui rend jeune et blonde, avec des gros seins, j’veux rester bête, insultez moi, mais j’ai pas peur, vous ne me faite pas peur, je ne me renforcerai pas pour l’hiver à coup de produits antibiotisés… je supporte ma gueule d’abruti. Je veux pas devoir acheter pour être accepté, j’aime avoir l’impression d’être libre dans ce monde de contradictions, pour vivre heureux je vis caché…
Et merde, j’ai peur…
Et puis, j’veux pas mourir seul… tu veux bien m’aimer ?
Chapitre 5 : j’ai à dire, mais pas ici…
Bien séance et libre arbitre parle férocement en désaccord, je ne puis luter. J’écris, c’est plus sobre, ca passe mieux, au moins personne ne sera blessé…
Bien qu’étant d’une éducation irréprochable :
Je vous emmerde, fascistes, bourgeois, blaireaux (…) !
Veuillez mourir dans d’atroces souffrances, merci.
Bien à vous.
Ps : prière de rester silencieux.
Chapitre 6 : J’ai le temps, de toutes façons…
J’peux pas capter de signes, j’arrive pas a interpréter, je suis la j’assiste, mais j’interviens pas, je suis un acteur…
J’ai raté tellement de chose en croyant que le bonheur c’était ca, j’suis rester avec ca, j’ai pas voulu plus, maintenant j’ai craqué, je l’ai plus, et le reste je peux pas m’en souvenir je l’ai pas vécu, j’ai raté…je suis la comme un con, tout seul et j’peux pas avancé plus, je stagne… j’peux pas leurs en vouloir, ceux qui compte on avancé, ils ont vécu des choses super, et moi je suis resté la, j’me suis trouvé des excuses, j’suis resté à deux, tout seul, je lui en veux pas, c’est moi…la chaleur de ses bras, j’ai fondu, je suis mort…
J’avais pas confiance, maintenant, c’est pire…
Ya cette fille, ca marchera pas, je peux pas…j’ai honte…mais de toutes façons, tout le monde s’en fou …j’vais sourire sur la photo…
Si on s’mettait la tête à l’envers ?
« I don’t want you to marry me, but, we could try to walk along however…don’t you think ? »
Chapitre 7 : attend, j'ai déjà...et merde, oublie...
Comme un goût de déjà vu, ça reste dans la bouche, sur le palais...râpeux...j'ai beau dégueuler mes tripes, ce goût de merde, ça reste...à force d'avaler tout ce qu'on nous dit, c'est pas étonnant...
j'ai les doigts posés sur les touches, du toit du monde je contemple... le reste, du haut de mon clavier, j'peux refaire le monde... plein d'injonctions, fais pas si! Fais pas ça! Disjonction, j'perds tout sens des réalités, je vis ailleurs!
Rien...l'espace infini, hors de ma tête, devant mes yeux écarquillés, sur le trottoir, la plage, repoussée à chaque attaque de la mer...les gens passent, dans la jungle urbaine, on te regarde, sans te voir, t'es défoncé à ta propre coke, tu t'envoies en l'air, juste avec ça...
Il n’y a plus d’espoir, rentre chez toi, tu penses donc tu es, tue les… tu l’étais du moins, l’empreinte de tes fesses sur le divan, la chaleur de tes doigts sur les touches, ce soir toi, t’auras pas froid…ce soir j'dors sur la plage abandonnée...le sable ne poussera pas plus loin...les yeux rivés sur les lumières de la ville...
j'peux pas rêver...je peux plus...
Chapitre 8 : J'ai encore marché dans la merde...